Né en 1916 à Monaco dans une famille modeste, Léo Ferré grandit entre la Méditerranée et l’Italie, bercé par l’opéra et la lyrique italienne qui marqueront à jamais son écriture. Après des études de droit, il se tourne vers la musique, influencé par le jazz, la musique classique et la poésie de Baudelaire ou Rimbaud, qu’il cite souvent comme muses. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il vit dans l’ombre de la Résistance, expérience qui teintera plus tard son engagement politique et social. Dans les années 1950, il s’impose comme l’un des pionniers de la chanson française en y injectant une dimension littéraire et une orchestration ambitieuse, loin des clichés de l’époque. Son album *Les Chansons d’Aragon* (1961) consacre son statut de poète mélodiste, tandis que *Ferré 64* révèle son génie pour les arrangements symphoniques. Ferré cultive un rapport passionné et conflictuel avec son public, refusant les compromis commerciaux et revendiquant une totale liberté artistique. Il meurt en 1993 à Castellina in Chianti, laissant derrière lui un catalogue de près de 40 albums et une œuvre considérée comme l’une des plus riches de la chanson française. Son héritage influence encore des générations d’artistes, de Georges Brassens à IAM en passant par Beck ou Radiohead.