Artiste
Né en 1943 à Chicago dans une famille juive ashkénaze aux racines culturelles éclectiques, Michael Bloomfield grandit baigné par le blues et le jazz, deux genres alors en pleine effervescence dans les quartiers ouvriers de la ville. Adolescent, il découvre la guitare en autodidacte, s’inspirant de Big Bill Broonzy et Sleepy John Estes, avant de fréquenter les clubs de blues où se produisent des légendes comme Muddy Waters et Howlin’ Wolf. Dans les années 1960, il devient un session man indispensable pour Chess Records, collaborant avec des artistes aussi divers que Bob Dylan, sur l’album *Highway 61 Revisited*, ou Buddy Guy. Son jeu de guitare électrique, à la fois virtuose et brut, révolutionne le blues en y intégrant des éléments de rock et de soul, faisant de lui un pont entre les générations. En 1965, il fonde le Paul Butterfield Blues Band, un groupe qui popularise le blues électrique auprès d’un public blanc, tout en restant ancré dans les racines africaines-américaines du genre. Bloomfield multiplie ensuite les projets, du groupe Electric Flag, fusion audacieuse de blues, soul et rock, à ses enregistrements solo où il explore le country blues et le gospel. Malgré une carrière fulgurante, marquée par des albums cultes comme *It’s Not Killing Me* (1969) ou *Live at the Old Waldorf* (1976), il sombre progressivement dans la toxicomanie et la dépression, avant de mourir prématurément en 1981, à seulement 39 ans. Son héritage, pourtant, reste monumental : il a influencé des générations de guitaristes, de Stevie Ray Vaughan à Eric Clapton, en passant par Jimi Hendrix, qui voyait en lui « le meilleur guitariste blanc qu’il ait jamais entendu ». Bloomfield incarne à lui seul la rencontre explosive entre le blues pur et le rock naissant, un pont culturel et musical entre deux mondes.