Barbara, de son vrai nom Monique Serf, naît le 9 juin 1930 à Paris dans une famille juive confrontée à la précarité et aux persécutions antisémites. Enfant prodige du piano, elle est contrainte de fuir les rafles de la Seconde Guerre mondiale, vivant cachée sous de faux noms et traversant une jeunesse marquée par la peur et l’errance. Après-guerre, elle découvre les cabarets parisiens où elle se produit sous le pseudonyme de Barbara, inspirée par une de ses réalités familiales. Son style vocal, à la fois puissant et fragile, et ses textes poétiques et introspectifs, la distinguent rapidement dans le paysage musical français. Dans les années 1960, elle devient une figure majeure de la chanson engagée, aux côtés d’artistes comme Léo Ferré ou Georges Brassens, tout en cultivant une image mystérieuse et solitaire. Son répertoire, souvent autobiographique, explore la mélancolie, l’amour perdu et les blessures de l’Histoire, comme en témoigne son chef-d’œuvre *Le Mal de Vivre*. En 1981, elle reçoit le Grand Prix de la SACEM pour l’ensemble de son œuvre, avant de s’éteindre le 24 novembre 1997, laissant derrière elle un héritage artistique inestimable. Considérée comme l’une des plus grandes autrices-compositrices-interprètes françaises, son influence s’étend bien au-delà des frontières de l’Hexagone.