Daniel Barenboim naît le 15 novembre 1942 à Buenos Aires, dans une famille juive ashkénaze originaire d’Ukraine et de Russie, où la musique classique baigne son enfance dès le plus jeune âge. À l’âge de cinq ans, il commence le piano sous la direction de sa mère, et révèle un talent prodige qui le conduit à donner son premier récital public à sept ans, interprétant des œuvres de Mozart et Beethoven. Sa famille émigre en Israël en 1952, où il poursuit sa formation musicale au Conservatoire de Jérusalem avant d’être remarqué par Wilhelm Kempff, qui devient son mentor et façonne son approche de l’interprétation classique. Barenboim se produit avec les plus grands orchestres dès l’adolescence, devenant rapidement un soliste recherché pour sa technique impeccable et son phrasé lyrique, souvent comparé à celui de Vladimir Horowitz ou Emil Gilels. En 1967, il enregistre pour Deutsche Grammophon ses premières intégrales des sonates de Schubert et Beethoven, marquant le début d’une discographie légendaire qui s’étendra sur plus de six décennies. Artiste engagé, il cofonde en 1999 l’Orchestre West-Eastern Divan, projet culturel et politique visant à rapprocher les jeunes musiciens israéliens et palestiniens, reflétant son engagement pour la paix au Proche-Orient. Chef d’orchestre autant que pianiste, il dirige des institutions prestigieuses comme l’Opéra Staatsoper de Berlin, où il occupe le poste de directeur musical de 1992 à 2023, tout en cultivant une carrière de pédagogue, enseignant à la Juilliard School ou au Conservatoire de Paris. Lauréat de multiples récompenses, dont le Prix Wolf en musique (2004) et la Légion d’honneur française (2007), Barenboim incarne aujourd’hui l’archétype de l’intellectuel musical, alliant virtuosité, érudition et humanisme dans une carrière sans équivalent.