Betty Davis, née Betty Mabry en 1944 dans une petite ville de Caroline du Nord, grandit dans un foyer modeste où la musique noire américaine, du blues au jazz en passant par le gospel, rythme son enfance. À 16 ans, elle s’installe à New York pour étudier l’art et se plonge dans la scène underground de Greenwich Village, où elle fréquente des figures comme Jimi Hendrix et Sly Stone. Son premier succès arrive avec son rôle de muse et de compositrice dans le groupe de son futur mari, Miles Davis, pour l’album *Bitches Brew* en 1970, où son influence sur le funk naissant est déjà palpable. Elle lance sa carrière solo en 1973 avec *Betty Davis*, un album audacieux mêlant funk, rock psychédélique et paroles provocantes, défiant les conventions de l’époque avec son esthétique androgyne et ses textes sans compromis. Son style vocal, entre growl rauque et mélodies envoûtantes, ainsi que ses tenues futuristes, en font une icône de la contre-culture féminine des années 70. Malgré des ventes modestes, son œuvre cultive un loyal écosystème de fans et d’artistes, inspirant des générations de musiciens comme Prince ou Beyoncé. Son troisième et dernier album, *Nasty Gal* en 1975, est aujourd’hui considéré comme un chef-d’œuvre du funk radical, bien que longtemps ignoré par l’industrie musicale. Davis fuit l’industrie après des décennies de lutte pour le respect de son art, vivant retirée en Californie jusqu’à son décès en 2022, où elle laisse derrière elle un héritage de rébellion et de liberté créatrice. Son influence sur la musique noire féminine et le funk des années 70, souvent minimisée de son vivant, connaît aujourd’hui une reconnaissance tardive mais grandissante.